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“Le désintéressement d’une manière de vivre” (Barthes)

Extrait d’une discussion sur Wikipédia.

L’Acédie, du latin “Acedia” par le grec “Akedia” dégoût, indifférence. Une affection de la volonté, du tempérament, sorte d’apathie, absence de désir. Correspond au terme portugais “saudade” que l’on dit intraduisible en français moderne, et au “fiu” polynésien. ‘L’acédie est un terme précieux. Il désigne ce que l’on ressent parfois quand on n’a de goût à rien: sentiment à la fois intense et ténu. puisque ce n’est ni de la tristesse, ni du désespoir, et plus que de l’ennui. Comme la psychanalyse définit l’absence de désir par le terme d’aphanisis, l’acédie est la perte de toute envie. ‘L’acédie nous intéresse’, précisait Roland Barthes dans un cours au Collège de France (en 1977), ‘car elle est typiquement liée à une ascèse, ça n’est pas la croyance, l’idée, l’option de foi; l’acédie n’est pas un doute, mais le désintéressement d’une manière de vivre. (Extrait du dictionnaire Larousse ‘L’obsolète’ 1989)

Pourquoi en développant la problèmatique du travail liée à l’acédie, l’auteur s’attache t’il tellement aux conditions de travail contemporaines qui sont anecdotiques et réductrices? Il faut donner sa réelle dimension à cette problèmatique, telle qu’elle a déjà pu être abordée par divers théologiens et philosophes.

Voici un texte sur les biens faits du silence qui peut émailler la définition. – Les maitres de l’occident médiéval enseignaient, tel Jean Climaque dans l’échelle Sainte : “Le bavardage est la chaire sur laquelle la vaine gloire aime à se faire voir avec ostentation. C’est la marque de l’ignorance, la porte de la médisance, l’introducteur de la bouffonnerie, le serviteur du mensonge, la ruine de la componction (remords perpétuel de la conscience) l’artisan et l’huissier de l’acédie (ce relâchement de l’âme), le précurseur du sommeil, la dissipation du recueillement, l’anéantissement de la vigilance, le refroidissement de la ferveur.” (Source : Christian Guigue)

Ils n’en peuvent plus, eux aussi

Ca vient de là: Le site des Indégivrables

Baillements

J’ignore totalement pourquoi j’ai ouvert ce blog, hormis parce que j’avais envie d’être sur Owni. Des blogs, je crois que je dois en avoir plus d’une vingtaine et je n’ai pas le temps, ou en ce moment rarement l’énergie de les alimenter. Et je ne parle pas de projets de blogs spécifiques, toujours pas montés. Internet me dévore : c’est ça la révolution digitale, c’est la dévoration par les mots -et la digitaline n’est pas qu’un stimulant cardiaque, c’est aussi un poison. Je suis inscrit à des milliers de trucs sociaux, à plus de deux cent flux RSS, à des machins interconnectés qui me bouffent des heures au final. Je clique sur des conneries. Je mets à jour, je peaufine, je règle des choses inutiles. Je surfe, je stocke des pages web que je dois lire plus tard. J’ai un retard monstrueux en toute chose. J’ai des milliers de livres non lus et une pile de journaux en attente d’un mètre cinquante dans les chiottes -et je ne dois pas y aller assez, faut croire. Je ne m’en sortirai jamais.Trop de choses m’intéressent ou me captivent, me happent alors qu’actuellement je bosse 24/24 pour maintenir faiblement mon train de vie. Je n’ai même pas le temps d’écrire de livres et pourtant je suis toujours fourré sur le clavier. J’y fait quoi ? Nos écrits sont devenus des paroles qui ne restent plus, sauf chez Google et Facebook. On veut, en sus et désormais, que je me géolocalise et que je dise tout le temps ou je suis, que je remplisse volontairement des bases de données sur moi, que j’écrive des critiques et des avis, des billets, des commentaires. Je n’y arriverai pas. Je suis débordé. Notre temps n’est pas extensible.
Je ne fais que suivre le torrent parce qu’il me porte, me transporte. Au sens premier. J’y suis balloté : ni noyé, ni maître du courant.
Alors je ne peux faire que bailler.
Et raconter que je baille.
J’écrirai donc ici-allez savoir quand ?- que je n’ai rien à dire, que je ne pense rien. Que je n’ai pas ou plus d’avis. Que je dévore tel sujet qui occupe tout le monde alors que je m’en tape, au fond, totalement. Et me liront ici ceux qui sont dans le même état halluciné que moi.